vendredi 27 février 2015

Rapport du Commissaire aux Drois de l'Homme du Conseil de l'Europe

Le prochain Cercle de Silence aura lieu Samedi 28 février 2015 de 18 à 19 h Place Kléber, pour protester silencieusement contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour

Au som
maire ce mois-ci : un anniversaire et deux commissaires

1) Anniversaire :

Chers amis,

Le 7ème anniversaire de notre cercle approche... il ne s’agit pas de le fêter, puisque rien ne justifie une éventuelle allégresse – voir plus bas – mais de marquer ce jour en nous retrouvant, comme d’habitude mais pas tout à fait : essayons d’en faire un cercle particulier et voici quelques pistes :

- comme déjà évoqué, venir avec quelqu’un de « neuf ». On peut déjà lancer les invitations car le 30 avril étant veille du 1er mai ( !), au milieu des vacances scolaires et au printemps, les envies d’escapade risquent de vider la ville...
- prendre le temps sur le silence pour nous saluer les uns les autres, échanger quelques mots et mettre ainsi une voix sur nos habituels voisins muets.
- incarner des migrants en portant leur silhouette avec leur histoire. Quelques uns d’entre nous pourraient-ils se manifester lors du prochain cercle pour concrétiser ce projet ? Il s’agit de préparer pour le 30 mars une dizaine de silhouettes de taille humaine en carton rigide (pas facile !) sur lesquelles nous fixeront un récit de leur histoire.

Si d’autres idées – faciles à réaliser de préférence – vous viennent, merci de nous en parler à la fin du prochain cercle.

2) Un commissaire

Le rapport du commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe vient de paraître.

Si les 52 pages du rapport exposent avec sévérité (lucidité ?) une dégradation des droits de l’homme dans notre pays sur fond d’un « effritement de la cohésion sociale et du principe d’égalité », certaines se réfèrent directement à nos préoccupations.
Ainsi, en résumé : « La situation des demandeurs d’asile sans abri est symptomatique des insuffisances graves et chroniques du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. »

Quelques détails :
« La France est traditionnellement un pays d’accueil des migrants. Le Commissaire constate que ces dernières années ont été marquées par une inflation législative en matière d’asile et d’immigration. […] L’activisme normatif est bien moindre en matière d’intégration. […]
Au cours de sa visite, le Commissaire a pu constater que la France connaît d’importantes difficultés en matière d’accueil des demandeurs d’asile. [… Il est nécessaire]  de tenir compte de la situation personnelle et familiale des demandeurs d’asile et d’éviter d’entrer dans une logique de contrôle et, potentiellement, de restriction excessive de leur liberté de circulation. […]

Le Commissaire rappelle que tous les ressortissants étrangers demandant l'asile doivent avoir effectivement accès aux procédures d'asile et que leurs demandes doivent être examinées au cas par cas, de manière rigoureuse et équitable. »
La vulnérabilité des demandeurs d’asile et la complexité des affaires devraient être dûment prises en compte. »

Le rapport complet peut être consulté ici.

3) Un autre commissaire
« Mieux valait ne pas y pinser, à ces histoires, passque ce que racontaient les pêcheurs était terrible : les filets qu’on jetait à l’eau remontaient souvent avec des cataferi, des cadavres, ou des morceaux de cataferi qui étaient nouvellement lancés à la mer. Des restes de centaines et de centaines d’hommes, de femmes, d’enfants qui avaient espéré d’arriver, après un voyage affreux à travers les déserts et les lieux désespérés qui les avaient décimés, dans un pays où ils auraient pu gager leur quignon de pain.
Pour ce voyage, ils s’étaient dépouillés, vendant tout, corps et âme, pour pouvoir payer à l’avance les négriers qui faisaient commerce de cher humaine et qui n’hésitaient pas à les laisser mourir en les jetant à l’eau au moindre signe de danger.
Et puis, les survivants qui arrivaient à toucher terre, quel bel accueil ils arecevaient dans notre pays !
Camps d’accueil, ça s’appelait, et en fait, bien souvent, c’était tout simplement des camps de concentration. »

Andrea Camilleri. L’Âge du doute, une enquête du commissaire Montalbano. Traduit de l’italien (Sicile) par Serge Quadruppani. Fleuve Éditions, 2013.
[Le © italien date de 2008, il y a… 7 ans]


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