samedi 19 mai 2018

Dix ans de cercle de silence


Prochain cercle de silence de Strasbourg
mercredi 30 mai, 18h-19h pl. Kléber
Rejoignez-le, même quelques instants !

Le cercle de silence de Strasbourg, lancé le 30 avril 2008, « fête » ses 10 ans ce 30 mai. Sa raison d'être n'a hélas pas cessé. À cette occasion, et alors que le projet de loi Asile-Immigration, voté par l'Assemblée le 23 avril dernier, sera débattu par le Sénat en juin, des associations, syndicats et collectifs d'Alsace lancent un appel à venir manifester en silence ce mercredi 30 mai, pour les droits des étrangers. (Vous trouverez aussi en fin de message une proposition de lettre à adresser aux sénateurs du Bas-Rhin, avec le témoignage d'un médecin exerçant au le CRA de Geispolsheim, que vous pouvez joindre.) Voici l'appel :
Les cercles de silence, lancés en octobre 2007 par des franciscains de Toulouse et rapidement répandus partout en France, sont des rassemblements d'une heure par mois sur la place publique, pour amener les passants à s’interroger sur le sort fait aux migrants.

Sous les prétextes divers, en fonction des majorités au pouvoir, de réguler les flux migratoires, de protéger les frontières, de diminuer le chômage, de faire reculer le terrorisme, d’assurer la cohésion sociale… ou la sécurité, les autorités de ce pays n’ont cessé, dans une grande continuité, de rendre plus difficile le séjour des étrangers.
En restreignant de façon drastique les possibilités légales d’entrée sur le territoire, nos responsables politiques prennent le risque de rendre de plus en plus dangereux les chemins de l’exil. Près de 5000 morts par an en Méditerranée, probablement davantage dans le Sahara, à l’abri des regards, c’est le bilan catastrophique de la guerre que l’Europe mène contre un ennemi qu’elle s’invente. Le chiffre d’affaire des mafias de passeurs est le seul bénéfice palpable de ces politiques par ailleurs très coûteuses en fonds publics (une reconduite à la frontière revient en moyenne à 23000€ à la collectivité d’après une enquête du Sénat).
Le parti pris de suspicion généralisée des services de l’Etat dans l’examen des demandes d’asile et de séjour, la rétention administrative humiliante et destructrice pour les adultes et, concernant les enfants, condamnée par toutes les instances de défense des droits de l’homme (Défenseur des Droits, Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme, Cour Européenne des Droits de l’Homme), n’est pas digne d’un État de droit. Certaines personnes renvoyées dans leur pays se retrouvent enfermées, torturées ou assassinées à leur retour, la France ou l’Europe considérant qu’elles ne risquent rien dans des pays comme l’Afghanistan, le Soudan entre autres, pourtant jugés dangereux et déconseillés aux ressortissants français.
Parce que 70 ans après la proclamation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme nous constatons que les droits et la dignité des exilés, des migrants, des demandeurs d’asile, ne sont toujours pas respectés, nous continuons, chacun à notre manière, à revendiquer leur application.
Le cercle de silence de Strasbourg « fêtera » ses dix ans le 30 mai prochain. Le silence n’est pas un cri mais il peut signifier plus que beaucoup de slogans. Le silence dérange parce qu’il oblige à faire une pause, à s’interroger, il interpelle. Aussi, nous nous rassemblerons ce 30 mai, pour marquer collectivement et symboliquement dans la durée notre protestation commune. Nous appelons à ce rassemblement, ce mois-ci et les suivants, tous ceux et celles qui veulent protester contre le sort fait aux étrangers : ce ne sont pas des ennemis. Nous sommes tous des êtres humains.
Le cercle de silence de Strasbourg se tient le 30 de chaque mois place Kléber de 18h à 19h. Il est ouvert à tous ceux qui veulent s'y joindre, quelques minutes ou toute l'heure.
Signataires :
CASAS (Collectif pour l'Accueil des Solliciteurs d'Asile de Strasbourg), La Cimade, Caritas Alsace (Secours Catholique), les Franciscains de Strasbourg, le Conseil des Résidents Étrangers de Strasbourg, l'ASTU, ORIV (Observatoire Régional de l'Intégration et de la Ville), Justice et Libertés, le Cercle Menachem Taffel, le Planning Familial, l'association JEEP (Jeunes Équipes d'Éducation Populaire), l'association Les Disciples, La Vie Nouvelle, le réseau euro social, Chantal Cutajar, RasL’Front, le SGEN-CFDT, la CFDT Alsace, le comité de Strasbourg du MRAP, le Collectif SDF Alsace.


*
Proposition de lettre aux sénateurs :
Les noms et adresse des sénateurs du Bas-Rhin sont ici.
Vous pouvez joindre ce témoignage (une page) d'un médecin exerçant au Centre de Rétention de Geispolsheim.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire