lundi 23 septembre 2013

Un communiqué de l'Ordre de Malte : en rétention, grand froid pour les Droits de l'Homme

Le prochain Cercle de Silence de Strasbourg aura lieu lundi 30 septembre 2013 de 18h à 19h place Kléber, pour protester silencieusement contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour  
  • ·      Le cercle de silence de Colmar décide de poursuivre son action.
Le collectif composé d’une vingtaine d’associations constate que, malgré le changement de gouvernement politique, les avancées en faveur des sans papiers n’ont pas été déterminantes.

  • Un communiqué de l'Ordre de Malte : Centres de rétention administrative : « Grand chaud estival... grand froid pour les droits de l’homme ! »
L'Ordre de Malte France, une des cinq associations qui interviennent depuis le 1er janvier 2010 dans les CRA de Lille (59), Metz (57) et Geispolsheim (67), a publié un communiqué d'alerte sur la situation dans les centres de rétention.

Ce communiqué, au format pdf, est téléchargeable ici.

  • Étrangers sans papiers en France, les conseils de La Cimade pour faire face à l’administration
Édition par la Cimade d'une plaquette d'information à destination des personnes migrantes pour réduire les risques d'expulsion

Cette plaquette, en plusieurs langues, est téléchargeable ici.

Le cercle de silence de Strasbourg : quel devenir ?

Afin de pouvoir échanger sur le devenir de notre Cercle de Silence après cinq années d’existence, nous proposons à tous les participants de se retrouver à 19h au Club de la Presse après le cercle du lundi 30 septembre 2013.
Ce temps de débat permettra à chacun d’exprimer sa position, ses motivations, ses propositions quant à la poursuite de la manifestation.
Les représentants des associations partenaires du cercle sont plus expressément sollicités car nous attendons qu’ils confirment leur engagement, et précisent aussi comment cet engagement pourrait se manifester par une aide concrète : tirage et distribution de tracts, aide à l’installation du matériel avant le cercle...

Nous comptons sur votre présence, afin que notre échange soit le plus riche possible.

jeudi 29 août 2013

Metz : demandeurs d'asile mis à la rue en masse par le préfet

Juillet 2013, Metz : nous apprenons les faits suivants par une personne engagée là-bas. Depuis mars 2013, «155 demandeurs d’asile venus du Kosovo, de Bosnie, d’Albanie et du Monténégro ont vécu dans la rue », puis « transférés dans une espèce de campement sordide, entassés dans des tentes sur un parking ». « C’est une réalité qui me saute à la gueule et qui me traumatise » dit-il. « Sous ces tentes j’ai vu des femmes enceintes et malades, des enfants malades aussi et des adultes blessés par balles dont les plaies suintent ».

[Rappel du webmestre: la loi ne donne pas le droit de travail aux personnes demandant le statut de réfugié. En compensation, elle oblige l'État à les loger, le temps de l'examen de cette demande.]
Une réunion avec le secrétaire général de la préfecture 57 «m’a révélé que les conditions inhumaines et illégales de leur accueil résultaient non pas d’une insuffisance de moyens mais d’un choix délibéré» dit cette personne. Il rapporte les mots de ce secrétaire (ce qui est entre guillemets est textuel): il s'agit d'envoyer «un message de fermeté» à tous ceux qui pourraient vouloir venir à Metz, et de contrer ainsi «l'appel d'air» (qui résulterait donc selon lui de l'application de la loi). «Certaines familles seront orientées [=logées], mais de manière "vissée"», et «vous [=les personnes demandant l'application de la loi] êtes les alliés objectifs de l'extrême droite» (en "favorisant l'appel d'air", si vous suivez).
Quelques bénévoles décidés ont fait appel à des avocats et sont allés faire réaliser à ces gens des demandes de logement officielles, ayant réuni les pièces utiles, auprès de la préfecture. Le but est, après le refus prévisible, de pouvoir attaquer ce dernier devant les tribunaux. Ils ont aussi écrit une lettre ouverte au préfet de Moselle. Les médias réagissent très peu, ainsi que les élus, interpellés par lettres. Un seul a répondu, le député UMP Denis Jacquat.

Ajout : Médiapart rapporte un témoignage, avec photos. Voir aussi un reportage de France3, un peu plus ancien (comportant une erreur : ces étrangers, demandeurs d'asile, sont en situation régulière).

[Deux notes du webmestre. 1°) Ce type de comportement d'une préfecture est très ordinaire, depuis longtemps. Toutes les associations au contact des étrangers le savent. Ce qui est exceptionnel ici est le nombre de personnes concernées arrivées d'un seul coup -155 pour une ville moyenne- et le caractère totalement explicite des propos de l'administration. En outre, cette histoire montre que peu a changé sur le fond, même depuis l'alternance politique, dans le comportement de l'État, qui a une inertie de paquebot.

2°) Avant même le fond des propos, et quoi qu'on pense d'eux, la préfecture sort totalement de son rôle. Celui-ci est de faire appliquer la loi et d'assurer l'ordre public. Ici, elle choisit dans la loi ce qu'elle applique, pour mener une action politique («envoyer un message», «lutter contre l'appel d'air») choisie arbitrairement par elle sans aucune légitimité pour le faire.]

lundi 26 août 2013

Une salle d'audience pour étrangers sur le tarmac

Le prochain Cercle de Silence de Strasbourg aura lieu vendredi 30 août 2013 de 18h à 19h place Kléber, pour protester silencieusement contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour  
Dernier rassemblement avant la reprise de la rentrée !

Une information estivale de la CIMADE :

En septembre 2013 doit être inaugurée une salle d’audience, annexe du tribunal de grande instance de Bobigny, au sein même de la zone aéroportuaire de Roissy. C’est là que le juge des libertés et de la détention tiendra audience pour décider de prolonger ou non l’enfermement des personnes maintenues en zone d’attente. 

En savoir plus sur ce projet et ses conséquences :  Une salle d'audience cachée au sein de l'aéroport de Roissy

La Cimade a manifesté son opposition à ce projet à travers une tribune collective, signée par des magistrats et des militants des droits de l'homme : http://www.liberation.fr/societe/2013/06/05/defendre-et-juger-sur-le-tarmac_908572  


Mobilisez-vous à nos côtés contre ce projet : signez la pétition en ligne ! 

lundi 22 juillet 2013

Les étrangers exclus de fait de l'hébergement d'urgence

Le prochain Cercle de Silence de Strasbourg aura lieu mardi 30 juillet 2013 de 18h à 19h place Kléber, pour protester silencieusement contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour  
Un geste significatif. Comme s’il avait voulu souligner l’ordre des urgences selon lui, le pape François a choisi de consacrer son tout premier voyage hors de Rome en tant que pape à une visite à l’île de Lampedusa, où des dizaines de milliers de migrants africains sans papiers ont tenté d’aborder ces dernières années. On estime que près de 20 000 d’entre eux sont morts en mer. Le pape – qui avait refusé la présence à ses côtés du ministre de l’Intérieur italien – a appelé les pays riches à accueillir les étrangers et dénoncé « la mondialisation de l’indifférence » devant le sort tragique de tant de migrants sans papiers.   

Des statistiques significatives. Selon une enquête menée dans 37 départements hors Paris,  58% des demandes d’hébergement adressées au 115 n’ont pas trouvé de réponse favorable en 2012. Ce nombre monte à 75 % pour les étrangers hors U.E. En un an le nombre de refus a augmenté de 28 % pour les ressortissants de l’U.E - et de 81 % pour les étrangers hors U.E ! Une circulaire de l’administration exclut de l’hébergement non seulement les migrants sans papiers, mais même les titulaires d’un titre de séjour inférieur à un an ou d’un récépissé de demande  d’autorisation de séjour… En ce qui concerne le cas spécifique des demandeurs d’asile, bien que la France se soit engagée à loger chaque demandeur, aujourd’hui à peine 50% d’entre eux sont logés par l’État.

Des événements – hélas ! – significatifs à deux pas de Strasbourg. À Metz, 155 demandeurs d’asile vivaient depuis mars, dans des conditions sordides sous de simples bâches adossées à des murs. Le 18 juin, ils ont été transférés dans des tentes dressées sur un parking. C’est tout ce que l’on trouve comme hébergement pour eux ! À lire les témoignages de témoins oculaires, on compte parmi eux des femmes  enceintes, des malades, et même des blessés par balles. À l’heure qu’il est, sauf information contraire non parvenue, la Préfecture de Metz n’a aucunement résolu le problème.
Mise à jour août 2013 : nous publions ici un témoignage détaillé. Cette affaire est révélatrice, et il s'agit d'une démarche illégale mais délibérée du préfet. 

samedi 22 juin 2013

Le silence du cercle de silence (bis)

Le prochain Cercle de Silence de Strasbourg aura lieu dimanche 30 juin 2013 de 18h à 19h place Kléber, pour protester silencieusement contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour  
Comme le mois dernier, nous ouvrons ce message  avec le témoignage de deux participants du Cercle : « Pourquoi manifester en silence ? »
  • « Pas parler », rester sans parler, ne pas se laisser distraire par des bavardages, chuchoter à peine si l’on vous aborde.
    En cercle et en silence, un moment de grâce qui nous est offert. Se taire, immobile et silencieux, pour faire mémoire. Se taire pour se souvenir, se taire pour écouter, regarder, mettre en relation, relier les humains. 
    En cercle et en silence en plein cœur de la ville est peut être une discipline qui sert la vérité. C’est parler sans dire un mot de trop. Comme l’amitié, dire ses solidarités peut se passer de paroles. »
  • « Bientôt le 30 du mois… » C’est devenu un réflexe : serai-je là, mon agenda me permettra-t-il de rejoindre le Cercle de silence ? Bien souvent, ce ne sera pas le cas ; mais alors, dans ce qui m’occupera, ma pensée tout de même rejoindra ceux et celles qui se seront rassemblés place Kléber.
    Parfois cependant, je peux rejoindre le Cercle. Retrouver et reconnaître des visages d’hommes et de femmes, d’amis, souvent militants associatifs, certains partageant la même foi. Tous attentifs aux conditions de vie de leurs semblables proches ou lointains, consacrant 60 minutes pour penser à ces personnes, pour prendre conscience de processus générant injustice et exclusion, pour méditer ou prier.
    La parole est nécessaire pour dire, annoncer, dénoncer… D’une autre manière, le silence créé ensemble, dans l’espace public autour d’une petite flamme, est porteur de solidarité et d’espérance ! »

Les informations du mois
  • La lettre envoyée en février à Roland Ries par l’équipe de coordination du cercle de silence de Strasbourg est toujours aussi actuelle...
    Sa lecture vous le confirmera : ici le lien qui y renvoie. Cette lettre a été transmise par son destinataire au Bureau du Parti Socialiste au Sénat.
  • L’introduction de la lettre mensuelle de France Terre d’Asile du mois de mai 2013 qui évoque la future réforme du droit d’asile en s’inquiétant d’une dégradation du dispositif :
« A coup de petites phrases volontairement médiatisées et de confidences soi-disant averties, le gouvernement et son entourage préparent le secteur social à de nouvelles et graves difficultés. Ici, le ministre du Budget annonce la baisse des crédits aux opérateurs – lesquels ? Dans quels secteurs ? – là, des phrases laconiques laissent présager la fin des crédits d'intervention et une loi de finance 2014 dévastatrice.
Le pire n'est jamais sûr et c'est dans ce contexte que le moment de la concertation approche– en pleine trêve estivale ! – pour déterminer la grande réforme de l'asile, durable, efficace et protectrice que nous appelons de nos vœux.
Mais sur quel ton dire au Premier ministre et au ministre de l'Intérieur en charge de la réforme que ce n'est pas à Bercy de l'écrire ? Que l'ensemble du dispositif d'asile ne doit pas être tiré par le bas en proposant un accompagnement et un hébergement dégradés dans un environnement sécuritaire ?
Nous voyons bien, en ces temps troublés, que la ligne de crête est compliquée à tenir. Pourtant la difficulté d'une tâche n'a jamais justifié de mauvaises décisions, surtout quand elles touchent aux droits fondamentaux.
 C'est pourquoi nous n'oublions pas que la décision finale reviendra au Parlement...»

Pierre HENRY, Directeur général de France terre d'asile

jeudi 23 mai 2013

Le silence du cercle de silence / Arrestations scandaleuses

Le prochain Cercle de Silence de Strasbourg aura lieu jeudi 30 mai 2013 de 18h à 19h place Kléber, pour protester silencieusement contre la criminalisation des étrangers démunis de titre de séjour 
Souvent interrogés sur « pourquoi manifester en silence », notre message de ce mois s’ouvre avec quelques réflexions sur ce silence : Alain Richard, à l’initiative des cercles, s’exprime le premier puis trois « habitués » de notre cercle prennent la parole.

  • « Ce temps de silence, c'est un cadeau que nous nous faisons les uns aux autres, avec notre force intérieure, notre capacité d'accepter l'autre. » (Alain Richard)
  • « Cela fait cinq ans que nous  retrouvons chaque 30 du mois, les mêmes et d'autres. Nous ne crions pas, mais notre silence veut laisser passer l'appel de ceux dont la voix est bâillonnée par la peur et l'incertitude du lendemain. Nous espérons que l'écho de nos voix parviendra à ceux qui détiennent les clés en faveur d'un réel changement. »
  • « J'aime ce silence. Il m'apaise. Il me fait rejoindre un peu ceux qu'on n'entend pas. Il n'est pas un slogan, ne veut rien imposer. Il nous rassemble, tous différents. J'aime regarder tous ces visages, être soutenu par eux. On ne vit qu'une fois ; nous sommes tous là, différents, ce silence ensemble me rappelle combien c'est précieux. Il m'aide à ne pas laisser la peur de l'autre me le faire oublier. »
  • «  Silence vécu en deux temps. Retrait en moi pour sonder ce côté  "sombre", partagé avec ceux qui tournent ostensiblement le dos à l’étranger... Puis, tentative de ressentir ce que peut éprouver celui qui doit partir, tout laisser pour aller vers l’inconnu et n’y trouver le plus souvent qu’hostilité ou indifférence... Silence-empathie contre indifférence et résignation. »

 Trois informations ce mois :

1 - Une femme médecin qui travaille avec les sans papiers témoigne de son expérience dans un blog. Le ton est juste, les faits précis.

2 - L'arrestation des enfants de Sans-papiers dans les écoles est-elle légitime selon le ministre de l'Intérieur ?
La question est posée dans un communiqué commun FCPE, FSU, CGT Educ’action, SNUIPP-FSU, Sud-Education CIMADE, GISTI, LDH, MRAP, RESF dont voici des extraits :
Le 6 mai, une réfugiée tchétchène déboutée de sa demande d’asile était arrêtée et placée en rétention pour être expulsée vers la Pologne en application des accords dits Dublin 2. Ses deux enfants étaient en classe, à l’école Gustave Courbet à Nîmes, l’un en maternelle, l’autre en primaire. La police mandatée par le préfet devait arrêter ces enfants à la porte de l’école pour les enfermer avec leur mère avant de les expulser (...)
L’opération ayant échoué, la préfecture du Gard a finalement reculé : Mme K.P a été libérée après 48 heures de rétention, le 8 mai vers 21 h, (une mesure prise « dans l’intérêt supérieur des enfants » assure le préfet...) mais s’il s’agit d’une initiative malheureuse d’un préfet, il faut que le ministre la condamne et annonce les mesures propres à empêcher qu’elle se reproduise.
La pratique de l’arrestation des enfants dans ou à la porte des écoles est inacceptable. La société civile ne l’a pas tolérée sous Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas plus acceptable aujourd’hui.

3 - le Pasteur Christophe Cousinié, Directeur de TO7 à Toulouse, dénonce des faits similaires

Ce mercredi 22 mai,  vers 9h, alors que l’association s’apprête à ouvrir, un contrôle de police a eu lieu, à la porte même de l’association.
Un accueilli, qui attendait pour entrer, boire un café et aller au cours d’alphabétisation auquel il est inscrit et participe régulièrement, à été arrêté par 4 policiers et emmené au centre de rétention, malgré l’intervention et l’opposition des salariés de TO7. 
Cette porte qui s’ouvre depuis 30 ans pour tous ceux du quartier ou d’ailleurs qui viennent pour un temps de repos au milieu de leur misère, de leurs difficultés ou de leur exclusion, ce lieu de lien et d’ouverture, ce lieu de repos et de pause, ce lieu jusque là respecté, ne l’est plus.


La société civile ne l’a pas tolérée sous Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas plus acceptable aujourd’hui.