samedi 27 janvier 2024

Loi Immigration

 

Prochain cercle de silence de Strasbourg 

mardi 30 janvier, 18h-19h pl. Kléber

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La loi du 19 décembre : tout faux !

Le vote de la loi du 19 décembre a été un événement grave qui marque un aboutissement et deux ruptures. Il marque l’achèvement dans la loi et le discours du chef de l’état et du gouvernement de l’immigré des personnes immigrées comme danger face auquel on se défend avec un bouclier (cette loi) ou par un mur (adoption par le Conseil européen du pacte migratoire). Ce thème a été martelé par les partis d’extrême droite et de droite extrême et leurs medias inféodés. L’instrumentalisation nauséabonde systématique d’un certain nombre de faits divers dans la presse, les chaînes d’info continue et les réseaux sociaux a de plus manipulé l’opinion publique et quelques sondages « opportunistes » ont amené des dirigeants politiques de plus en plus radicalisés à affirmer que ce projet de loi rédigé par le Sénat (qui n’est décidément plus une assemblée de sages) était voulu par la majorité du peuple.

Cette loi dont certains aspects les plus inacceptables ont été écartés par le Conseil Constitutionnel marque ensuite une rupture avec les bases de l’état de droit qui a permis, depuis 1945 de garantir la paix en Europe par l’acceptation de droits fondamentaux non négociables. Sous couvert de « simplification » des procédures en matière de droit d’asile notamment, par exemple la généralisation des procédures à juge unique à la Cour Nationale du Droit d’Asile, par le rétablissement de la double peine, par la multiplication des motifs d’expulsion du territoire au nom de la menace à l’ordre public, la loi augmente encore le pouvoir discrétionnaire des préfets et limite le contrôle judiciaire. Dans le sillage de certains gouvernements illibéraux, notre exécutif présente comme des contraintes révisables les conventions internationales et les jugements de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Les réactions inadmissibles de politiciens de droite remettant en cause les décisions du Conseil Constitutionnel posent une vraie menace sur le fonctionnement de nos institutions. Les Centres de rétention administrative seront encore plus remplis avec des risques de violence accrue.

Rupture grave enfin dans le domaine de la solidarité. Si la solidarité n’est plus assurée par les institutions publiques, les personnes, stigmatisées par le discours xénophobe et précarisées par la fermeture des lieux d’accueil seront tentées de se tourner vers des solidarités communautaires avec le risque de séparatisme que l’on prétend contenir…

C’est vraiment tout faux !

 

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